… Vers un nouveau métier de « distributeur de pièces » ?

Lors de sa première conférence de Presse, Alain Redheuil, le nouveau Président de l’Autodistribution-Cora, a présenté sa politique ambitionnant une croissance de 50% en cinq ans malgré la cession de l’essentiel de son activité de fournitures industrielles. En s’appuyant sur 10.600 contrats qui le lient actuellement à des garages dans les domaines de la pièce détachée, de la formation et autres prestations de services, le groupe devrait ainsi atteindre un CA de 1,5 milliard d’euros à l’horizon 2011.

Changer de métier, passer de celui de grossiste à celui de « distributeur multispécialiste », dans le but de proposer une offre pour chaque marque et chaque modèle, systématiquement adaptée à la valeur d’usage du véhicule : de la « pièce d’origine » jusqu’à la pièce rénovée, telle est la stratégie du nouveau Président.

Une plus grande proximité géographique, un meilleur taux de service, une rationalisation des politiques d’achats et la mise en place d’un « commerce en ligne » seront à la base de cette nouvelle et puissante offensive de l’Autodistribution-Cora.

Rappelons enfin que cette stratégie de très forte croissance mise également sur la fin programmée (2007/2010 ?) de la protection « franco-française » sur les pièces de carrosserie à travers la « loi Eurodesign » qui touchera de plein fouet les marques françaises.

Sachant que la notion de « pièce d’origine » recouvre à la fois les pièces de premier équipement mais aussi les pièces distribuées par les constructeurs (voir notre rubrique « les pièces détachées / les catégories agréées ») qui ne pourront guère longtemps opposer de refus de vente à la distrribution indépendante, quelle marge de manoeuvre restera-t-il pour le concessionnaire ?

En effet, la perte de son exclusivité sur l’approvisionnement en pièces d’origine d’une part et la revalorisation des pièces agréées 1400/2002 dans les réseaux indépendants d’autre part, rendra le concessionnaire encore plus vulnérable et plus dépendant de la politique de son constructeur, sauf à entrer lui aussi dans le principe du règlement 1400/2002, comme déjà dans bon nombre de pays européens.

Le règlement 1400/2002 a déjà prévu un statut de « distributeur de pièces détachées d’origine » (voir notre dossier « Synthèse du London Economics » , pages 12, 13 et 14) qui pour l’heure se confond avec celui de réparateur agréé. Seuls 44 contrats de ce type ont été mis en place en Europe dont deux en France, les constructeurs les occultant, mais pour combien de temps  encore ?

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